terme


terme

terme [ tɛrm ] n. m.
• v. 1050; lat. terminus, proprt « borne »
I
1(XVIIe) Limite fixée dans l'espace. Vx « La nature a donné des termes à la stature d'un homme bien conformé » (Rousseau). borne. Mod. Arriver au terme de son voyage. Limite fixée dans le temps. « Les hommes “énergiques” ont coutume de se fixer ainsi un terme pour le succès de leurs entreprises » (Romains). Passé ce terme. Mettre un terme à : faire cesser.
2(XIIIe) Dr. Échéance, limite fixée dans le temps. Le terme est l'expiration d'un délai. Terme suspensif : date limite à laquelle une obligation, spécialt une dette retardée par contrat ou par la loi, doit être exécutée. Terme extinctif : date à laquelle est fixée l'extinction d'une obligation. « Tout ce qui est payable par année ou à des termes périodiques plus courts » ( CODE CIVIL ). Terme de grâce. — À TERME : dont l'exécution ou l'extinction correspond à un terme fixé (opposé à au comptant ) . Vente, achat à terme. Crédit, emprunt à court, moyen, long terme.
Fig. À court terme, à long terme : à brève, longue échéance. À moyen terme.
Bourse Date postérieure à la négociation ( liquidation), fixée pour la livraison et le règlement des valeurs boursières. Marché à terme, à règlement mensuel. Opérations à terme.
Au plur. Termes de paiement : échéance et modalités prévues pour le règlement d'une transaction. Jouer sur les termes de paiement ( termaillage) .
3(1690) Époque fixée pour le paiement des baux. délai, échéance. « Mon terme était échu » (Beaumarchais). « Au terme d'octobre, elle [...] se trouvait en retard d'un jour sur son loyer » (Zola).
Période (généralement de trois mois) qui s'achève au terme.
Somme due au terme. Payer son terme. « Son propriétaire, à qui il devait trois termes, le menaçait d'une saisie » (Aymé).
4Littér. Dernier élément, dernier stade de ce qui a une durée. bout, 1. fin. Le terme de la vie : la mort. « Elle touchait enfin au terme de ses tribulations » (Martin du Gard). Mener une œuvre à terme, l'accomplir jusqu'au bout. « Une période dont il n'apercevait pas le terme » (Camus). « Au terme de l'analyse qu'il a fait porter sur l'humour » (A. Breton).
Cour. Terme (de la grossesse) : temps normal de la naissance, neuf mois après la conception, chez la femme. Accoucher à terme; avant terme. Enfant né avant terme. prématuré.
5Relation (bonne, mauvaise...) avec qqn. Être en bons termes, en mauvais termes avec qqn. rapport, relation. En quels termes étiez-vous avec lui ?
II(1370; lat. médiév. terminus « ce qui limite le sens »)
1Mot ou expression. Le sens d'un terme. Dans toute la force du terme. Le terme exact. Spécialt Unité de dénomination ( nom) appartenant à une terminologie (1o).
Au plur. Ensemble de mots et d'expressions choisis pour faire savoir qqch.; manière de s'exprimer. Termes d'un contrat. formule. Respecter les termes d'un contrat. « Aux termes du Code il restait honnête homme » (Balzac). En ces termes. En d'autres termes : pour donner une équivalence à l'aide d'autres mots. Termes choisis, respectueux, voilés. « Ah ! qu'en termes galants ces choses-là sont mises ! » (Molière ).
2Mot appartenant à un vocabulaire spécial, qui n'est pas d'un usage courant dans la langue commune. Termes régionaux. Terme technique ( terminologie) . Terme scientifique. Terme philosophique, didactique, judiciaire. Terme de palais; d'atelier. Termes du commerce international ( incoterm) .
3Log. Chacun des éléments simples entre lesquels on établit une relation. Les termes d'une proposition. Les trois termes d'un syllogisme. Fig. Moyen terme : solution, situation intermédiaire.
Par ext. Gramm. Les termes de la proposition. Le second terme d'une comparaison.
4(1740 géom., alg.) Math. Élément simple en relation avec d'autres. Terme d'une série, d'une progression : quantité déterminée correspondant à l'un des éléments d'une série, d'une progression. Les deux termes d'une fraction, son numérateur et son dénominateur.
Alg. Monôme en relation avec d'autres. Les termes d'une somme, d'un polynôme, d'une équation.
III(1571 ) Statue dont la partie inférieure est terminée en gaine (comme celles du dieu latin Terminus qui servaient de bornes). ⊗ CONTR. Commencement, début, 1. départ. ⊗ HOM. Thermes.

terme nom masculin (latin terminus, borne) Lieu, point où se termine un déplacement dans l'espace ; moment où prend fin dans le temps une action, un état : Notre voyage touche à son terme. Arriver au terme de sa vie. Date, délai limité : Passé ce terme, vous devrez payer des intérêts de retard. Date à laquelle doit être acquitté un loyer ; la période elle-même : Payer à terme échu. Montant de ce loyer : Payer son terme. Date présumée de la fin d'une grossesse et à laquelle doit avoir lieu l'accouchement : Accoucher avant terme. Élément entrant en relation avec d'autres : Analyser les termes d'une proposition. Mot considéré dans sa valeur de désignation, en particulier dans un vocabulaire spécialisé : Terme de chimie. Antiquité Statue du dieu Terme, sans bras ni jambes, dont le corps se termine en gaine. (Motif de l'Antiquité romaine repris à la Renaissance. Le terme marin a une queue de poisson sinueuse au lieu de gaine ; le terme en console a le buste en avancée pour soutenir une charge.) Banque et Bourse Date fixée pour la livraison des titres et le paiement du prix. Droit Modalité ayant pour effet de retarder l'exécution d'une obligation (terme suspensif) ou d'en fixer l'extinction à une date déterminée ou à un événement futur certain (terme extinctif). Logique Dans la logique aristotélicienne, sujet ou prédicat dans une prémisse d'un syllogisme. Suite de symboles d'un langage formel, soumis aux règles usuelles de formation. Mathématiques Nom donné à chacun des éléments d'une suite, d'une série, d'une somme, d'un polynôme. ● terme (citations) nom masculin (latin terminus, borne) Marc Antoine Désaugiers Fréjus 1772-Paris 1827 Quand on n'a pas de quoi payer son terme, Il faut avoir une maison à soi. Monsieur Vautour Charles Maurras Martigues 1868-Saint-Symphorien 1952 Académie française, 1938 Aucune origine n'est belle. La beauté véritable est au terme des choses. Anthinéa Flammarionterme (difficultés) nom masculin (latin terminus, borne) Orthographe 1. On écrit terme, au singulier, dans : marché à terme ; à court terme, à moyen terme, à long terme. - On écrit termes, au pluriel, dans : en termes de (en termes de droit, de médecine, etc.) ; en d'autres termes, en termes choisis ; il s'est exprimé en propres termes. - Être en bons, en mauvais termes avec qqn. 2. Au terme de / aux termes de. Attention à l'orthographe de ces deux expressions, qui change selon le sens. Au terme de (= à la fin de) : terme est au singulier. Il espère être titularisé au terme de son stage. Aux termes de (= d'après les mots de, selon le sens de) : termes est au pluriel. Aux termes du Code pénal, cette infraction est un délit. ● terme (expressions) nom masculin (latin terminus, borne) À court, à long, à moyen terme, dans la perspective d'une échéance rapprochée, éloignée, moyennement rapprochée. À terme, à la fin d'une période dont on ne peut prévoir la durée, mais à coup sûr. Mener, conduire quelque chose à (son) terme, le mener à bonne fin, en achever la réalisation. Mettre un terme à quelque chose, cesser ou faire cesser quelque chose. Compte à terme, compte, rémunéré par un intérêt, dont le titulaire ne peut disposer avant l'expiration d'un délai fixé au moment du dépôt (1 mois à 5 ans). Opération à terme, opération en Bourse conclue dans l'immédiat, mais qui ne se dénouera (livraison et règlement des titres) qu'à une date ultérieure (la liquidation). Règlements à terme, règlements au moyen d'effets de commerce, payables le jour de l'échéance. Vente à terme, vente dont le paiement est acquitté à une date fixée. ● terme (homonymes) nom masculin (latin terminus, borne) thermes nom masculin plurielterme (synonymes) nom masculin (latin terminus, borne) Lieu, point où se termine un déplacement dans l'espace ; moment...
Synonymes :
- achèvement
- dénouement
- fin
Contraires :
- début
Date, délai limité
Synonymes :
- échéance
Mot considéré dans sa valeur de désignation, en particulier dans...
Synonymes :
- mot

terme
n. m.
rI./r
d1./d Limite, fin (dans le temps). Le terme de la vie. Toucher à son terme: être près de sa fin. Mener à terme: mener à bonne fin, accomplir. Au terme de: à la fin de.
|| Spécial. Moment de l'accouchement, neuf mois après la conception, dans l'espèce humaine. Enfant né à terme, avant terme.
d2./d DR Moment où expire un délai; espace de temps fixé pour l'exécution d'une obligation. Vente à terme, dans laquelle l'acheteur ne paye son créancier qu'après un certain laps de temps.
|| Fig. à court, à long terme: dans un avenir proche, lointain (cf. à brève, à lointaine échéance).
d3./d Temps fixé pour le paiement d'un loyer. Payer à terme échu.
|| Laps de temps qui s'étend d'un terme à l'autre.
|| Somme due à la fin du terme, montant du loyer. Payer son terme.
d4./d (Plur.) être en bons, en mauvais termes avec qqn, avoir de bonnes, de mauvaises relations avec lui.
rII./r
d1./d Mot, tournure, expression. Terme propre, figuré. Je ne connaissais pas ce terme.
|| (Plur.) Mots dont on use pour parler de qqch, de qqn. Ce sont là ses propres termes, les mots mêmes qu'il a employés. Les termes d'un contrat, les stipulations qu'il contient.
|| Mot appartenant au vocabulaire particulier d'un métier, d'un art, d'une activité quelconque. Terme technique.
|| Loc. (Québec) Fam. Parler en termes, avec trop de recherche, avec affectation. Syn. (Acadie) parler à la grandeur.
d2./d LOG Chacun des éléments liés par une relation. La majeure, la mineure et la conclusion, termes du syllogisme. Moyen terme, celui qui est au milieu; fig., cour. solution intermédiaire. Chercher, trouver un moyen terme.
|| GRAM Le sujet et l'attribut (ou prédicat), termes de la proposition.
d3./d MATH Chacun des éléments appartenant à un rapport, à une suite, à une équation. Les termes d'une fraction: le dénominateur et le numérateur.
|| COMM Termes de l'échange, rapport de l'indice des prix à l'exportation et de l'indice des prix à l'importation.

I.
⇒TERME1, subst. masc.
I. — ANTIQ. Borne qui marquait la limite d'un terrain, d'un champ, qui matérialisait une frontière. (Dict. XIXe et XXe s.).
A. — ARCHIT. Statue représentant un buste d'homme ou de femme dont la partie inférieure se termine en gaine et qui sert d'ornement dans les jardins. Les termes de pierre du temps de Louis XIII, dus à Lerambert, à Houzeau, à Buyster, le cèdent sous Louis XIV au marbre et au bronze (MAUCLAIR, De Watteau à Whistler, 1905, p. 24):
1. À défaut d'antiques, qui étaient tout à fait au-dessus de mes moyens, à la sortie d'une porte de jardin, je faisais poser contre un treillage, exécuté sur un modèle du dix-huitième siècle, deux termes de faïence, terminés par des gorges de femmes et de petites têtes riantes portant des corbeilles.
E. DE GONCOURT, Mais. artiste, t. 2, 1881 p. 374.
Terme angélique. Terme dont la partie supérieure représente une figure d'ange en demi-corps (d'apr. CHESN. t. 2 1858). Terme double. Terme composé de deux demi-corps ou demi-bustes adossés, qui sortent d'une gaine (d'apr. CHESN. t. 2 1858). Terme en console. Terme dont la gaine se termine en enroulement et dont le corps est avancé pour soutenir quelque chose (d'apr. CHESN. t. 2 1858). Terme marin. Terme qui se termine par deux queues de poisson entortillées (d'apr. CHESN. t. 2 1858). Terme rustique. Terme dont la gaine ornée de bossages ou de glaçons porte la figure de divinités champêtres (d'apr. CHESN. t. 2 1858).
En partic. Pièce de bois sculptée qui supporte les côtés du couronnement d'un navire (BONN.-PARIS 1859).
B. — Loc., vx. Être, rester (planté) comme un terme. Rester figé à la même place. Synon. être, rester (planté) comme une borne, un piquet (v. piquet1), une souche. [Fould] était près de moi; je me suis évertué, par convenance (...) à lui parler de sa collection, des arts, de la guerre d'Orient. Il était là comme un terme (DELACROIX, Journal, 1853, p. 126). Eh bien! grand simple, vas-tu rester là planté comme un terme au bout du champ jusqu'à la fin du monde? (FABRE, Courbezon, 1862, p. 379).
II. A. — [Dans l'espace]
1. Vx. Limite d'une dimension dans l'espace. (Dict. XIXe et XXe s.).
2. Lieu, point où s'achève, prend fin un déplacement. [Ordener] avait atteint le terme de son voyage sans en remplir le but (HUGO, Han d'Isl., 1823, p. 362). Le voyageur arrivé enfin au terme de sa route aime à se souvenir des périls, des difficultés du voyage (A. DAUDET, Femmes d'artistes, 1874, p. 230).
B. — 1. [Dans le temps]
a) Limite, borne d'un espace de temps. Terme de l'après-midi, du jour. Tous les charmes se sont posés sur celui que vous épousez. Il est un orme surchargé de pinsons qui vous accueillent. Puis, semaine à semaine, chaque pinson s'envole sur un autre homme, et, au terme de l'année, votre vrai mari est disséminé sur tous les autres (GIRAUDOUX, Sodome, 1943, I, 1, p. 29).
b) Moment où prend fin ce qui se déroule dans le temps. Terme d'une existence. Le sentiment de l'éternité de la peine est indispensable dans un criminel, pour qu'il soit puni. Si tu portes dans les punitions une idée de terme, tu y portes une idée de temps (SAINT-MARTIN, Homme désir, 1790, p. 88). J'apparaissais au terme de sa longue vie, sa barbe avait blanchi, le tabac l'avait jaunie et la paternité ne l'amusait plus (SARTRE, Mots, 1964, p. 14).
Arriver, toucher au terme, à son terme. Arriver à la fin. Arrivé au terme de son congé (...) Robert ne put trouver le courage d'abandonner pour plusieurs mois cette femme idolâtrée: il préféra renoncer à sa carrière (FEUILLET, Veuve, 1884, p. 16). La période de la démocratie purement politique touche à son terme, c'est la période de la démocratie sociale qui commence (JAURÈS, Armée nouv., 1911, p. 260).
Mener qqc. à terme. Terminer, achever quelque chose. Ils avaient besoin de la lune et des étoiles pour s'assurer que l'île ne chassait pas sur ses ancres pour oser et mener à terme la besogne (QUEFFÉLEC, Recteur, 1944, p. 123). La proportion des étudiants menant leurs études à leur terme est plus élevée dans les instituts qu'au CNAM (Encyclop. éduc., 1960, p. 282).
Mettre un terme à qqc. Cesser de faire quelque chose; faire cesser quelque chose. Mettre un terme à des allégations, à des désordres, à des récriminations. Elle croit follement que tout vient de finir, prison, solitude, qu'une tâche est achevée, que le verdict de douze braves gens, qui ont tremblé de pitié, met un terme à une phase de son existence (COLETTE, Pays connu, 1949, p. 155). Je ne compte pas (...) beaucoup que ces engagements si catégoriques qu'ils soient, suffisent à mettre un terme à la propagande de l'ennemi (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p. 461).
En partic.
) Vx. Le terme (de la vie). La mort. Une fois la chute fut si forte que je croyais le terme arrivé (SENANCOUR, Obermann, t. 2, 1840, p. 241).
Toucher à son terme, approcher de son terme. Être mourant. Le bonhomme qui approchait de son terme, fut touché des soins désintéressés de Luca (FEUILLET, Onesta, 1848, p. 212).
Littér. Terme fatal. Nous sommes les enfants du pouvoir infernal, De ce pouvoir caché dans toute créature, Qui mène toute chose à son terme fatal Et fait que rien de beau dans ce monde ne dure (BARBIER, Ïambes, 1840, p. 256).
) Moment où prend fin, normalement, la gestation. Accoucher à terme, avant terme; enfant né, venu à terme, avant terme; femme proche, près de son terme. La Brège: Et maintenant, toi, Hortense, couche-toi! (...) Monsieur Saumâtre (...): Ah ça! qu'est-ce que ça veut dire? La Brège: Cela veut dire (...) que ma dame, enceinte, est à terme, et que la loi lui donne neuf jours pour accoucher (COURTELINE, Client sér., Hortense couche-toi! 1894, III, p. 83). Un enfant est pré-terme s'il est né avant le septième jour de la 36e semaine. S'il est né après, il est « à terme ». La période dite « à terme » commence en effet à la 37e semaine (...). Après 42 semaines, c'est la période post-terme (A. MINKOWSKI, Pour un nouveau-né sans risque, 1976, p. 32).
P. métaph. Une œuvre, c'est un enfant sacré qu'il est criminel de ne pas mener à terme (ZOLA, Travail, t. 1, 1901, p. 325).
♦ [À propos d'animaux] La vache pleine et dont le terme arrive Reste à l'étable, et sans labeur nouveau, Paisiblement sur une couche oisive (BARBIER, Ïambes, 1840, p. 220).
2. Situation, état final auxquels quelqu'un ou quelque chose est arrivé; aboutissement, degré extrême atteint par quelque chose. Comme la plupart des gens du monde, ils ne se font pas une idée très-nette de l'occupation suivie (...) et une heure ou deux de lecture leur paraissent le dernier terme du labeur qu'un homme peut supporter dans sa journée (FEUILLET, Pte Ctesse, 1857, p. 58). La vie est infiniment longue, infranchissable. La vieillesse n'est pas un terme, elle contient des jours sans nombre (CHARDONNE, Claire, 1931, p. 175).
3. Vx, au plur.
a) Être en termes, dans les termes, aux termes de. Être en position, en état. (Dict. XIXe et XXe s.).
b) Disposition envers quelqu'un; état, situation des relations qu'une personne entretient avec une autre. — À propos, en quels termes êtes-vous avec le nonce?Le nonce (...) me regarde avec bienveillance (A. FRANCE, Orme, 1897, p. 82). Je fus bientôt en termes de bonne camaraderie [avec le plus jeune des fils de Rimsky-Korsakov] (STRAVINSKY, Chron. vie, 1931, p. 35).
Être en bons, mauvais termes avec qqn. Étant quelque peu carliste [il] est en bons termes avec tout le monde et particulièrement avec les prêtres et les religieuses (MÉRIMÉE, Lettres Antiq. Ouest, 1840, p. 66). Il était dans les meilleurs termes avec Mme R., la doctoresse, sa collègue à l'hôpital Sadiki (GIDE, Journal, 1943, p. 223).
C. — 1. Date, délai fixé pour l'expiration ou l'exécution d'une obligation, d'un droit. Elle laissait expirer le terme du sauf-conduit (A. FRANCE, Génie lat., 1909, p. 19).
À terme. Dans un délai qui, sans être fixé, est prévisible. Les affaires [de mon mariage] sont tellement avancées que les publications sont à terme (BALZAC, Contrat mariage, 1835, p. 353). Assuré de sa liberté à terme, de sa révolte sans avenir et de sa conscience périssable, il [l'homme absurde] poursuit son aventure dans le temps de sa vie (CAMUS, Sisyphe, 1942, p. 93).
À court, long, moyen terme. Dont la réalisation se fera plus ou moins rapidement. Que de fois (...) [le citoyen Vailland] nous a-t-il mis en garde contre les prophéties à court terme de Guesde et la mystique attente des catastrophes libératrices! (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p. LXVII). Il reste notre bon plaisir. Mais il est à court terme, comme tout bon plaisir (CAMUS, État de siège, 1948, 2e part., p. 240).
2. Spécialement
a) DR. Date limite jusqu'à laquelle est retardée l'exécution d'une obligation (terme suspensif), ou à laquelle est fixée l'extinction d'une obligation (terme extinctif). Terme d'une dette, d'un prêt. La caution (...) peut agir contre le débiteur pour être par lui indemnisée (...) au bout de dix années, lorsque l'obligation principale n'a point de terme fixe d'échéance (Code civil, 1804, art. 2032, p. 365).
Terme incertain. ,,Terme dont l'arrivée est sûre, mais incertaine quant à sa date`` (BARR. 1974). En matière de testament, le terme est assimilé à une condition (CAP. 1936). Terme de rigueur. Date après laquelle il n'est plus accordé de délai au débiteur. (Dict. XXe s.). Terme de grâce (vieilli). Délai de courte durée que le juge accorde éventuellement à un débiteur pour l'exécution d'une obligation. (Dict. XIXe et XXe s.). Synon. délai de grâce.
À terme. Dont l'exécution ou l'extinction correspond à un délai, une date fixé(e). À court, long, moyen terme. Vous êtes assignés à la connétablie de France au terme de huitaine, par nous (DUMAS père, Mlle de Belle-Isle, 1839, IV, 2, p. 73).
b) BOURSE, FIN., COMM.
) À terme. À la date fixée pour la livraison des titres et pour les paiements. Achat, vente à terme; ordre à terme. Tous calculs faits, le pauvre père Mariotte, un brave homme, perd à cette adjudication. Forcé de payer tout au comptant, il vend à terme (BALZAC, Paysans, 1844, p. 140). Pour attirer les capitaux en banque, on doit faire appel à des considérations de sécurité ou de commodité, plus qu'au rendement. Toutefois les dépôts à terme sont mieux rémunérés (BAUDHUIN, Crédit et banque, 1945, p. 166).
À court, long, moyen terme. Pour une durée plus ou moins longue dont l'échéance est fixée. Trouver, placer des capitaux à long terme. Il faut les rendre attirants [les emprunts] par différents avantages (...). Aussi pratique-t-on sur une grande échelle les emprunts à court terme appelés Bons du Trésor, bons de la Défense Nationale ou Bons d'Armement. Le prêteur engage son épargne pour une période assez courte (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1966, p. 481).
Marché à terme. ,,Opération en bourse dans laquelle la livraison des titres et le paiement du prix sont reportés à une date déterminée`` (CIDA 1973). Marché à terme ferme. La liquidation de bourse est l'opération où les agents de change règlent définitivement les intérêts pour lesquels ils sont engagés envers leurs clients.L'escompte d'un marché à terme est une véritable liquidation (BOYARD, Bourse et spécul., 1853, p. 166). J'ai résolu (...) de faire les affaires exclusivement au comptant. Les marchés à terme ont un caractère aléatoire qui doit mettre en défiance tout bon père de famille (ABOUT, Roi mont., 1857, p. 87).
Opération à terme. ,,Opération pour laquelle le règlement et la livraison des titres ont lieu à une date postérieure à la négociation et fixée d'avance`` (BERN.-COLLI 1981). Les opérations à terme, qui s'opposent à celles au comptant peuvent porter sur une grande diversité de valeurs négociées sur des marchés spécialisés (BERN.-COLLI 1981):
2. Pour un achat d'à peu près douze mille francs, Germaine a dû verser cinq mille, et elle paie six pour cent d'intérêt sur le reste dont Riccoboni est censé avoir fait l'avance. Les initiateurs de cet engouement spéculatif ont craint sans doute que des opérations à terme fussent mal comprises du vaste public profane auquel ils songeaient.
ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p. 123.
) Termes de l'échange. Indicateurs permettant d'apprécier l'avantage qu'une économie donnée retire de ses relations commerciales avec l'extérieur (d'apr. BERN.-COLLI 1981). L'analyse des termes de l'échange a pour objet de calculer le prix payé par la nation pour se procurer à l'extérieur ce qu'elle ne fabrique pas (d'apr. BERN.-COLLI 1981).
3. a) Époque à laquelle doit être payée une redevance, et, en partic., à laquelle doit être payée par portion une redevance annuelle. Le créancier ne devient point propriétaire de l'immeuble, par le seul défaut de paiement au terme convenu (Code civil, 1804, art. 2088, p. 375). Si, à jour donné, elle n'apportait pas la rançon, son mari serait accroché aux branches de l'orme (...). Quelque diligence qu'elle fît, elle ne put se procurer la somme que huit jours après le terme assigné, car l'argent était bien rare et tout le monde très-misérable (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 347).
À terme échu. Le paiement de la solde et des prestations de tabac aux militaires à solde spéciale est fait à terme échu (LUBRANO-LAVADERA, Législ. et admin. milit., 1954, p. 201).
Proverbe. Qui a terme ne doit rien. Une créance non échue n'est pas exigible. — (...) Vous avez perdu dix mille francs avant-hier au bal chez le baron de Nucingen.Monsieur, répondit le comte (...) mes affaires ne vous regardent pas. Qui a terme, ne doit rien (BALZAC, Gobseck, 1830, p. 410).
b) Époque fixée pour le paiement des baux à loyer ou à terme (d'apr. CAP. 1936), et p. méton., durée (généralement de trois mois) pendant laquelle un logement est loué. Jour du terme; terme courant; avoir un terme à payer; occuper un appartement pendant un, plusieurs terme(s). Vous rentrerez dans quarante mille francs d'ici à deux mois. Et cela n'empêchera pas Thuillier de toucher ses dix mille francs de loyer au premier terme (BALZAC, Pts bourgeois, 1850, p. 180). M. Bergeret, lors de sa venue à Paris, s'était logé (...) dans une maison qui allait être démolie (...). Ce qu'il ignorait c'est que, de toute façon, il en serait sorti au même terme. Mademoiselle Bergeret l'avait résolu (A. FRANCE, Bergeret, 1901, p. 29).
P. méton. Somme due pour cette période de location. Si cela ne vous contrarie pas, je vous payerai un terme d'avance. Et, prenant soixante autres francs en écus, il les ajouta aux louis qui étaient sur la table (MURGER, Scènes vie boh., 1851, p. 241). Moi qui dois trois termes de loyer, je n'ai pas de quoi faire enterrer mon pauvre homme (HUGO, Légende, t. 5, 1877, p. 1038).
REM. 1. Termaillage, subst. masc., écon. ,,Changement dans le rythme des règlements internationaux, caractérisé par une accélération et un retard, en sens inverse, du recouvrement des créances et du paiement des dettes`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). 2. Termer, verbe trans. a) Vx. Limiter, borner. (Ds BESCH. Suppl. 1845-46, GUÉRIN 1892). b) Vieilli. Assigner le lieu et l'adjudication de quelque chose. Termer une coupe de bois. (Dict. XIXe s.).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. V. terme2.
II.
⇒TERME2, subst. masc.
A. — 1. Mot ou ensemble de mots ayant, dans une langue donnée, une signification précise et exprimant une idée définie. Synon. mot (v. ce mot I A). Je ne puis pas exprimer les nuances fines des événements, le meilleur, le profond de la chose, parce que les termes manquent, et qu'il faudrait deux ou trois heures pour y plier les termes de la langue (STENDHAL, Journal, t. 1, 1806, p. 280). Aujourd'hui (...) la plupart de nos gens d'Église écrivent pesamment et leur vocabulaire est tout hérissé de termes barbares. Sont-ils plus intelligents? Disent-ils des choses plus profondes? Cela n'est pas évident, mais sans doute faut-il parler le langage de son siècle (GREEN, Journal, 1956, p. 274).
SYNT. Terme abstrait, archaïque, argotique, bas, concret, équivoque, exact, familier, figuré, impropre, inusité, juste, populaire, rare, régional, savant, usuel, hors d'usage, vulgaire, vieux; au sens littéral du terme; dans toute la force du terme; dans toute l'acception du terme; terme qui dénomme, désigne, qualifie qqc.
2. Nom qui appartient à un système structuré, en se distinguant de tous les autres éléments du système, et qui dénote dans une langue donnée des classes ou des unités à l'intérieur de ces classes. Terme de biologie, de chimie, de linguistique, de mathématiques, de palais, de physique; terme didactique, judiciaire, philosophique, scientifique. Les médecins de Molière parlaient latin, les nôtres parlent grec (...). Ils commencèrent à user sérieusement de ce stratagème au dix-huitième siècle; du moins ne voit-on, avant cette époque, même dans Furetière, que peu de termes médicaux tirés du grec (GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p. 36). Le nom est l'objet même de la terminologie: en effet, un nom définissable à l'intérieur d'un système cohérent, énumératif et/ou structuré, est un terme; le contenu de sa définition correspondant à une notion (concept), analysable en compréhension (A. REY, La Terminol., 1979, p. 22).
B. — Au plur. Ensemble de mots, d'expressions utilisé pour communiquer sa pensée; manière de s'exprimer. Termes châtiés, choisis, clairs, courtois, exacts, explicites, formels, imagés, nobles, respectueux, voilés. Mélanie (...) trouvait sans efforts des termes colorés et savoureux comme les fruits de nos vergers: elle abondait en plaisants dictons, en sages proverbes, en images populaires et rustiques (A. FRANCE, Pt Pierre, 1918, p. 199):
1. Voyez comme ils parlent de tout. Toujours les termes les plus crus, les plus grossiers, les plus abjects; ceux-là seulement leur paraissent vrais, tout le reste n'est que parade, convention et préjugés. Qu'ils racontent une anecdote, qu'ils rendent compte de ce qu'ils ont éprouvé, toujours le mot sale et physique, toujours la lettre, toujours la mort.
MUSSET, Confess. enf. s., 1836, p. 318.
♦ Verbe + en terme + adj. Déclarer, dire, parler en termes courts, décents, fleuris, familiers, galants, obscurs, précis. En arrivant à la porte de Caen, on examina pendant dix minutes les passeports des deux voyageurs, et, comme Leuwen se fâchait, un homme d'un certain âge, grand et fort (...) l'envoya faire f... en termes fort clairs (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 101). Comme elle était peu familiarisée par son éducation première avec le langage travesti des libertins, elle décrivait ce qu'elle avait vu dans les cartons de l'évêché, en termes crus à vous allonger les dents comme si vous eussiez mangé des pommes vertes (BOYLESVE, Leçon d'amour, 1902, p. 97).
Aux termes d'une loi, d'un traité, etc. Tel qu'il est stipulé dans un texte officiel, au sens exact de ce texte. [La comtesse de Restaud] résista longtemps à donner sa signature, indispensable aux termes de nos lois pour valider la vente des biens (BALZAC, Gobseck, 1830, p. 426). Aux termes du traité de 1881, la France est responsable en Tunisie du maintien de l'ordre public (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p. 1, col. 4).
En d'autres termes. Pour exprimer la même idée à l'aide d'autres mots. Cette nouvelle conception de la réflexion, qui est la conception phénoménologique, revient en d'autres termes à donner une nouvelle définition de l'a priori (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p. 255):
2. Ce langage de la mise en scène considéré comme le langage théâtral pur, il s'agit de savoir s'il est capable d'atteindre le même objet intérieur que la parole, si (...) il peut prétendre à la même efficacité intellectuelle que le langage articulé. On peut en d'autres termes se demander s'il peut non pas préciser des pensées, mais faire penser...
ARTAUD, Théâtre et son double, 1938, p. 83.
(En) propres termes. Propos exactement tenus. Il avait dit la veille à son ministre en propres termes: « Je propose l'abbé Guitrel, mais l'abbé Guitrel ou l'abbé Lantaigne, c'est bonnet blanc et blanc bonnet (...) » (A. FRANCE, Anneau améth., 1899, p. 377).
En/dans ces termes. Selon la manière suivante. L'abbé (...) me parla en ces termes: « Jean le Diacre rapporte que saint Grégoire (...) » (A. FRANCE, Vie littér., 1890, p. 126). « Je me suis déclassé, j'ai fait la servante, je ne le regrette pas, c'était pour la France ». C'est dans ces termes que Déroulède me dit la belle satisfaction que serait pour lui l'académie (BARRÈS, Cahiers, t. 5, 1907, p. 230).
En termes de. Dans la terminologie, le vocabulaire propre à une discipline, un art, une science, une pratique. En termes d'art, de biologie, de chimie, d'informatique, de mathématiques, de médecine. On appelle, en termes d'atelier, croquer une tête, en prendre une esquisse, dit Mistigris d'un air insinuant (BALZAC, Début vie, 1842, p. 401). Il fut impossible au vidame de Maulle de trouver ce qu'en termes de justice on nomme un alibi (VILLIERS DE L.'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 266).
C. — Spécialement
1. LOG. ,,Chacun des éléments simples entre lesquels est établi une relation`` (LAL. 1968). Terme d'un jugement attributif; termes d'un syllogisme. Le syllogisme consiste à conclure du rapport de deux termes (le grand terme ou majeur, le petit terme ou mineur) avec un même troisième (le moyen terme ou moyen) à leur rapport mutuel (FOULQ.-ST-JEAN 1962).
P. anal. Moyen terme. Solution intermédiaire, compromis. Avec ce je ne sais quoi d'indéfinissable (...) qu'il y a dans votre caractère, si vous ne faites pas fortune vous serez persécuté; il n'y a pas de moyen terme pour vous (STENDHAL, Rouge et Noir, 1830, p. 235). Entre l'offre de cinq cent mille francs et la demande de sept cent mille francs, il fallait prendre un moyen terme et accorder six cent mille francs (ZOLA, Curée, 1872, p. 398).
Terme de comparaison. Ce qui sert de référence dans une comparaison. Apercevant la contrariété de vos opinions, vous avez conçu qu'il fallait les soumettre à un régulateur commun d'évidence, les rapporter à un terme général de comparaison, et vous êtes convenus d'exposer chacun vos preuves de croyance (VOLNEY, Ruines, 1791, p. 207).
2. MATHÉMATIQUES
a) ARITHM. Élément simple en relation avec un ou plusieurs autres éléments. Termes d'une fraction, d'une somme. Le cas des fractions rationnelles à termes entrelacés dont les zéros et les pôles sont réels et entrecroisés a des propriétés voisines de celles de la fonction homographique (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 52).
b) ALG. Monôme en relation avec d'autres. Termes homothétiques. Toute fonction harmonique et régulière à l'intérieur d'une sphère est développable en série de Mac-Laurin, intégrable et dérivable terme à terme indéfiniment (PAINLEVÉ, Résist. fluides non visqueux, 1930, p. 63).
Terme d'une suite, d'une série. Prenons d'abord deux éléments A et B de C, et supposons qu'il existe une suite (...) d'éléments, appartenant tous au continu C, de telle façon que A et B soient les deux termes extrêmes de cette suite et que chaque terme de la suite soit indiscernable du précédent (H. POINCARÉ, Valeur sc., 1905, p. 97).
c) P. anal. Élément en relation avec un ou plusieurs autres. Monsieur, madame Latournelle et Butscha retournèrent les termes de ce problème sous toutes les faces, en parcourant toutes les suppositions possibles (BALZAC, Modeste Mignon, 1844, p. 120).
REM. 1. Termer, verbe trans., plais. Nommer, Me voici dans mon wagon spécial (en langage de chemin de fer ça se terme wagon-toilette, charmant le mot n'est-ce pas?) (VERLAINE, Œuvre compl., t. 5, Quinze jours en Holl., 1893, p. 206). 2. Terminisme, subst. masc., philos. Expression radicale du nominalisme, d'après laquelle les idées générales ne sont que des termes ou des mots (d'apr. FOULQ.-ST-JEAN 1962).
Prononc. et Orth. V. terme1. Étymol. et Hist. I. A. 1. a) ) Ca 1050 « date à laquelle doit avoir lieu quelque chose » (Alexis, éd. Chr. Storey, 46); ) ca 1145 plus gén. « moment, jour, point du temps où quelque chose a lieu » (WACE, Conception N.-D., 1265 ds KELLER, p. 334); 1594 être en terme de, être aux termes de « être sur le point de » (Lett. miss. de Henri IV, t. 4, 23 avr., p. 144 et 27 nov., p. 256 ds GDF. Compl.); 1610 au terme de « sur le point de » (BÉROALDE DE VERVILLE, Moyen de parvenir, éd. A. Tournon, p. 270); b) ) ca 1100 « moment qui constitue la fin d'un délai pour l'exécution d'un engagement » (Roland, éd. J. Bédier, 54); ) ca 1150 spéc. « fin d'un délai de paiement, échéance » (WACE, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 739); 1804 terme de grâce (Code civil, art. 1292, p. 233); ) XIIIe s. a terme « avec un report du paiement à une échéance donnée » vendre a terme (Sermons poit., éd. A. Boucherie, 147 ds T.-L.); 1283 payer a termes (PHILIPPE DE BEAUMANOIR, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, 1397); 1832 marchés à terme (SAY, Écon. pol., p. 545); 1853 opérations à terme (BOYARD, Bourse et spécul., p. 166); ) 1896 p. ext. à terme « dont l'effet est reporté à plus tard, les conséquences n'étant pas immédiates » (GONCOURT, Journal, p. 873); c) ) ca 1145 « fin normale de la grossesse, date prévue pour l'accouchement » (WACE, Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 568); 1414 à terme « à la fin normale de la grossesse » (Journal d'un Bourgeois de Paris, éd. Tuetey, 50 ds IGLF); 1465 avant terme « avant la fin normale de la grossesse » (J. DE ROYE, Chron. scandaleuse, éd. B. de Mandrot, t. 1, p. 59); ) 1832 avant terme p. ext. « plus tôt que prévu, prématurément » (BALZAC, Corresp., p. 649); 1842 mené à terme « achevé, terminé » (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, p. 95); d) ) 1176-81 plus gén. « arrêt, cessation » (CHRÉTIEN DE TROYES, Chevalier lion, éd. M. Roques, 1474); 1706 mettre un terme à « faire cesser » (P. CRÉBILLON, Idoménée, p. 62); ) 1789 à terme « qui a une fin, qui n'est pas perpétuel » privilège à terme « privilèges non héréditaires  » (SIEYÈS, Tiers état, p. 34); e) fin XIIIe s. [date du ms.] li termes de ma vie « ma mort » (Conte de Floire et Blancheflor, ms. Bibl. Nat. fr. 375, éd. J. L. Le Clanche, 2390); fin XIIIe s. ses termes « la fin de sa vie » (De celle qui se fit foutre sur la fosse de son mari, 6 ds A. DE MONTAIGLON et G. RAYNAUD, Rec. gén. de fabliaux, t. 3, p. 118); 1654 terme fatal « mort » (GUEZ DE BALZAC, Dissertations chrest. morales, p. 351); 1585 p. ext. la France est à son terme (RONSARD, Caprice, 149 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 18, p. 322); 1719 parvenir, toucher à son terme « arriver à la fin de sa vie » (A. H. DE LA MOTTE, Fables, éd. 1754, p. 265 et 317); f) 1421 « échéance d'un loyer, loyer » (Journal d'un Bourgeois de Paris, 155 ds IGLF); 2. a) 1155 « période de temps déterminée par sa fin » A brief terme (WACE, Brut, 14050 ds KELLER, p. 326a); ca 1220 a cort terme (Comte Poitiers, éd. B. Malmberg, 850); ca 1280 a lonc terme (ADENET LE ROI, Cleomadés, éd. A. Henry, 15254); 1547 au bout du terme « enfin, à la fin » (N. DU FAIL, Propos rustiques ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 1, p. 112); b) ca 1165 « délai, répit, durée du report de quelque chose » (Troie, éd. L. Constans, 29054); 1558 spéc. « délai d'un paiement (durée) » (DU BELLAY, Regrets, LXXXV, 1 ds Œuvres poét., éd. M. Chamard, t. 2, p. 117); c) 1688 (RICH. t. 2: Terme Ce mot se dit en parlant des locataires et des propriétaires des maisons de Paris et il veut dire trois mois); 3. a) 1402 plur. « usage, coutume » (CHRISTINE DE PISAN, Balades, XXXI, 30 ds Œuvres poét., éd. M. Roy, t. 1, p. 244); ca 1465 id. « règles, principes » (GEORGES CHASTELLAIN, Chron., VI, I, Kervyn de Lettenhove, t. 4, p. 25); 1547 en termes de « en matière de, selon les règles de » (J. MARTIN, Archit. Vitruve, p. 5 v° ds IGLF); b) ) ca 1465 plur. « situation, état » (notamment en ce qui concerne les relations avec quelqu'un) (GEORGES CHASTELLAIN, op. cit., VI, CX, t. 5, p. 97); 1623 être en bons termes « s'entendre, avoir de bonnes relations » (N. COËFFETEAU, Hist. romaine, éd. 1646, p. 474); ) 1559 plur. « situation, état, conditions » (AMYOT, Trad. Vies des hommes illustres de Plutarque, Alcibiade, 49 ds LITTRÉ); 1607 sing. jugez en quel terme sont ses affaires (H. D'URFÉ, L'Astrée, éd. H. Vaganay, t. 1, p. 92). B. 1. 1380 (Lexique Aalma ds ROQUES t. 2, n° 12.315: terminus [...] ni termes. fins. bone [sic]); 1559 (AMYOT, op. cit. ,Numa Pompilius, 28 ds LITTRÉ: Terme vault autant à dire comme borne: c'est le dieu des confins); 2. 1535 « pilier surmonté d'un buste à la manière des bornes romaines représentant le dieu Terme » (Comptes des Bâtiments du roi, éd. L. De Laborde, t. 1, 1877, p. 92); 1693 terme angélique, terme rustique, terme marin, terme en console, terme en buste, terme double, termes milliaires (D'AVILER, Explication des termes d'archit., t. 3, pp. 838-839); 1619 immobile comme un terme (H. D'URFÉ, op. cit., t. 3, p. 40); 1678 ne bouger plus qu'un terme (LA FONTAINE, Fables, IX, XIX, v. 19); 1718 être planté là comme un terme (Ac.). II. A. 1. 1370 « mot, unité de vocabulaire porteuse d'une signification » termes legiers a entendre (ORESME, Trad. des Ethiques d'Aristote, Prologue, éd. A. D. Menut, p. 100); ca 1375 en termes generaux (ID., Livre du ciel et du monde, éd. A. D. Menut et A. J. Denomy, p. 220); 2. 1370 « id. » en parlant des mots du vocabulaire d'un domaine précis user de termes ou de moz propres en la science (ID., ibid.); 1377 les termes de fauconnerie (GACE DE LA BUIGNE, Roman des deduis, éd. Å. Blomqvist, 7066); 1549 termes propres à leur profession (DU BELLAY, Deffense et Illustration de la langue fr., éd. H. Chamard, p. 139); 3. a) ca 1375 au plur. « paroles ou texte » en autres termes (ORESME, Livre du ciel et du monde, p. 122); fin XIVe s. mettre en termes (FROISSART, Chron., éd. S. Luce et G. Raynaud, t. 7, p. 126); 1416 en beaulx et piteux termes (A. CHARTIER, Livre des Quatre Dames, 537 ds Œuvres poét., éd. J. C. Laidlaw, p. 214); 1460-66 tenir ... rudes termes (MARTIAL D'AUVERGNE, Arrêts d'amour, XXVIII, éd. J. Rychner, p. 131, l. 2); 1585 en mesmes termes (N. DU FAIL, Contes et discours d'Eutrapel ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 2, p. 306); 1643 en d'autres termes « dit d'une manière différente » (A. ARNAUD, De la fréquente communion, p. 730); 1751 loc. en d'autres termes « autrement dit, pour parler autrement » (PRÉVOST, Lettres angloises ou hist. de Mss Clarisse Harlove, lettre 30, t. 1, 2e part., p. 24); b) 1585 « id. » en parlant de l'expression précise, des mots formellement et clairement exprimés et dans leur sens strict termes expres (N. DU FAIL, op. cit., p. 317); 1601 aux termes des loix (P. CHARRON, De la Sagesse, éd. 1797, p. 476); 1769 aux termes de la loi « selon la lettre même de la loi » (DIDEROT, Lettres à Sophie Volland, Gallimard, t. 2, 1950, p. 228); c) 1616 propres termes « termes tels qu'ils ont été exprimés » (D'AUBIGNÉ, Tragiques, Aux lecteurs ds Œuvres, éd. H. Weber, pp. 5-6). B. 1. 1657-58 math. (PASCAL, De l'esprit géométrique et de l'art de persuader ds Œuvres, éd. L. Lafuma, Seuil, 1972, p. 354); 2. a) 1660 log. et gramm. « un des deux éléments d'une proposition (appelé sujet ou attribut) » (ARNAUD et LANCELOT, Gramm. gén. et raisonnée, p. 29); b) 1662 plur. spéc. log. petit terme, moyen terme, grand terme (ARNAUD et NICOLE, La Logique ou l'art de penser, p. 216); 3. 1762 moyen terme « position moyenne, état, rôle moyen entre les extrêmes » (ROUSSEAU, Émile, V ds Œuvres, éd. J. S. Spink, p. 844); 4. 1765 termes de comparaison « expression d'un degré de comparaison » (Encyclop. t. 16, p. 156a); 1791 terme de comparaison « élément d'une comparaison » (VOLNEY, Ruines, p. 231). Du lat. terminus, -i « borne, limite, fin, extrémité, cessation » au propre et au fig., et Terminus, nom propre désignant le dieu Terme. En lat. chrét. terminus (ou parfois termen, v. tertre étymol.) servit à rendre le gr. , « borne » d'où « limite, délai, règle » et, p. anal., « détermination du sens d'un mot, définition » et « terme d'une proposition », sens qui sont l'orig. de ceux notés en II (v. FEW t. 13, 1, p. 243a, BLAISE Lat. chrét., NIERM. et BLAISE Latin. Med. Aev.).
STAT.Terme1 et 2. Fréq. abs. littér.:7 823. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 12 632, b) 7 914; XXe s.: a) 9 555, b) 12 503.
BBG. — CHOUL (J.-Cl.). La Méth. du discours. Meta. 1979, t. 24, p. 336. — DUMAS (H.). La Méth. du discours: termes, mots, expr. Meta. 1977, t. 22, pp. 110-116. — GUILBERT (L.). La Spécificité du terme sc. et techn. Lang. fr. 1973, n° 17, pp. 5-17. — NATANSON (E.). Termes, n. sc. et techn., n. déposés? Leb. Spr. 1978, t. 23, n° 3, p. 109. — QUEMADA (B.). Les Noms des mots... In: [Mél. Busa (R.)]. Pisa, 1987, pp. 203-223. — RONDEAU (G.). Introd. à la terminol. Chicoutimi, 1983, pp. 19-21.

terme [tɛʀm] n. m.
ÉTYM. V. 1050, au sens temporel (II., 4.); « limite de paiement », 1283; du lat. terminus, proprt « borne ».
———
I Sens concret.
1 (1562; reprise du sens lat.). Antiq. Borne qui marquait la limite d'un champ, d'une frontière, etc.
2 (1571). Statue d'homme, de femme dont la partie inférieure est terminée en gaine (comme celles du dieu latin Terminus qui servaient de bornes). Gaine. || Niches séparées par des termes géants (→ Rocaille, cit. 1).Fig. et vx. || Être planté comme un terme ( Immobile).
———
II
1 Borne (fig.), limite fixée. a Vx. (Dans l'espace). || La nature a donné des termes à la stature humaine (→ Géant, cit. 6).
b Mod. (Dans le temps). || Le terme d'une durée, d'une existence.Mettre un terme à une vie précaire (→ Saccader, cit. 4), aux malheurs (→ Représenter, cit. 17), à des exactions, les faire cesser. Couper (court). || Passé ce terme (→ Singer, cit. 4). || Royauté qui vit au delà du terme assigné (cit. 11). || Je fus prêt au terme prescrit (cit. 9). || Avancer, reculer le terme.
1 Il savait par des lectures que les hommes énergiques ont coutume de se fixer ainsi un terme pour le succès de leurs entreprises.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. VI, XXIX, p. 253.
2 (…) autrefois (…) pour mettre un terme à une liaison scandaleuse ou encombrante, les familles du pays expédiaient leurs fils en Amérique du Sud.
S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée, p. 286.
2 (XIIIe). Dr. Date limite à laquelle une obligation (spécialt, une dette) est retardée par contrat ou par la loi et doit être exécutée (terme suspensif); date à laquelle est fixée l'extinction d'une obligation (terme extinctif). || Le terme est l'expiration d'un délai. || Terme certain; incertain (dont la date dépend d'un événement futur). || Terme de rigueur. || Terme de grâce : délai supplémentaire accordé parfois au débiteur par le juge, pour le paiement de sa dette. || Terme d'une dette (cit. 1), d'un prêt (→ Crédit, cit. 17). || Par la seule échéance du terme, le débiteur sera en demeure (cit. 2). Échéance. || Renvoyer à un terme plus éloigné. Atermoyer (1.; vieilli).Terme court (rapproché), long (éloigné). || Somme payable par année ou à des termes périodiques plus courts (→ Arrérage, cit. 3).
(1283). À terme : dont l'exécution ou l'extinction correspond à un terme fixé. || Vente, achat à terme, par oppos. à au comptant. Crédit (à). || Paiement à terme. || Créances à terme, exigibles immédiatement en cas de faillite. || Prêt (→ Escompte, cit. 2), emprunt (→ Geler, cit. 23) à court terme.
Fig. À court terme, à long terme : qui doit se réaliser dans peu de temps, dans longtemps. || Projet, programme, prédictions (cit. 5) à court (cit. 14) terme.
Spécialt (Bourse). Date qui correspond aux époques de liquidation, et qui est imposée pour la livraison des titres et pour les paiements. Usance. || Cours cotés à terme (→ Cote, cit. 2). || Marché à terme. Marché. || Opérations à terme (marchés à terme et reports).
3 (…) il garderait les actions qu'il avait reçu ordre de vendre pour Joseph Quesnel, dont il était souvent le prête-nom en Bourse. En revendant à terme, cela ferait un joli magot.
Aragon, les Beaux Quartiers, II, VI.
3 (1690). Époque fixée pour le paiement des baux (à loyer ou à ferme). || Arriver à son terme. Expirer. || Mon terme était échu (→ Recors, cit. 1; et aussi chambre, cit. 3). — ☑ Loc. (Dr.). Payer à terme échu. || Au terme d'octobre, elle était en retard d'un jour sur son loyer (cit. 3).Par ext. (Plus cour.). Période (généralement de trois mois) qui s'achève au terme. || Le terme courant. || Un terme à payer (→ Menacer, cit. 6).Par métonymie. Somme due au terme. || Payer son terme (→ Crever, cit. 23; locataire, cit. 3).
4 Au moment de louer, le prix de trois mille francs l'arrêta, car il fallait payer d'avance le premier terme, et il n'avait rien, pas un sou devant lui.
Maupassant, Pierre et Jean, III.
5 — Vous pouvez dire que je ne suis pas de ceux qui tremblent quand ils voient arriver le terme. Puisque je suis mon propre propriétaire !
R. Queneau, Pierrot mon ami, II.
4 (V. 1050). Littér. Dernier élément, dernier stade (de ce qui a une durée). Bout, fin. || Le terme d'un voyage (→ Filer, cit. 21). || Une période dont il n'apercevait pas le terme (→ Guérir, cit. 8). Interminable. || Le terme d'un mouvement (→ Ici, cit. 24), d'un développement (→ Organe, cit. 8). Achèvement. || Le progrès (cit. 4) et le terme de ses sentiments. Dénouement. || Opération qui a pour terme une conclusion (→ Raisonnement, cit. 6). || Ouvrage (cit. 19) près de son terme. Avancé. || Mutation (→ Impénétrabilité, cit. 2), vie sans terme (→ Immortalité, cit. 4).(Avec à). || Toucher au terme, à son terme. Arriver. || Mener qqch. à terme. Accomplir, terminer. || Arriver à son terme. Aboutir, finir; → Méthode, cit. 5. || Au terme d'une vie agitée (cit. 26). || Au terme d'une analyse sur l'humour (cit. 11).
6 Certaines souffrances, par leur excès même, nous avertissent de leur terme (…)
A. de Musset, la Confession d'un enfant du siècle, V, VI.
7 Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement (…)
Hugo, les Contemplations, IV, XV.
8 Dans l'entreprise que le roi de France, en partie par sa tyrannie, en partie par sa justice, a si admirablement menée à terme, beaucoup de pays ont échoué.
Renan, Discours et conférences, Qu'est-ce qu'une Nation ?, I, Œ. compl., t. I, p. 892.
9 Elle touchait enfin au terme de ses tribulations : dans une demi-heure, elle serait auprès de Jenny, chez elle, devant son plateau de thé.
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 11.
Spécialt. Le terme de la vie : la mort.Vx. Toucher à son terme : être mourant. Mourir (→ Fatal, cit. 7). || Ce qui promet de durer au delà de son terme (→ Engranger, cit. 2).
10 Les difficultés de la vie se placent entre nous et la tombe; tout est aplani pour les rois jusqu'au terme, et cela même, le rend plus visible à leurs yeux.
Mme de Staël, De l'Allemagne, I, VII.
Terme de l'accouchement : temps normal de la naissance, neuf mois après la conception, chez la femme. — ☑ Loc. (Vx). Sur son terme : sur le point d'accoucher. || Une lice étant sur son terme… (→ Fardeau, cit. 5, La Fontaine).Mod. || Accoucher, mettre un enfant au monde à terme; avant terme. Avorter; avortement (→ Grossesse, cit. 3). || Avorton (cit. 1) né avant terme. Prématuré. Par métaphore (→ Engrosser, cit. 3).
5 (1468). Au plur. Vx. || Être en termes, dans les termes, aux termes de… : en position, en état, sur le point, au point de…
10.1 La chose en est aux termes de n'en plus faire de secret.
Molière, Dom Juan, III, 3.
Vx. Disposition (bonne, mauvaise…) envers qqn. || Je crois être rentré à votre égard dans les termes d'une indépendance respectueuse (→ Équitable, cit. 9).
Mod. En… termes. || Être en bons termes, en mauvais termes avec qqn. Rapport, relation. || Depuis que nous sommes en mauvais termes. Fâché.
11 (…) Wellington, resté dans les meilleurs termes avec l'ex-président du Conseil, intervint, et c'était encore un homme de poids que le haut commandant des troupes d'occupation.
Louis Madelin, Talleyrand, V, XXXIV.
———
III 1370, Oresme, du lat. médiéval terminus, proprt « ce qui limite le sens, définit quelque chose ».
A
1 Expression (d'une idée) par le langage; mot ou groupe de mots considéré dans son adéquation à une idée à exprimer Nom. || Un mot, un terme ou une expression (→ Académie, cit. 4). || Terme formé de deux ou plusieurs mots ( Expression; → Abrégement, cit.); d'un seul mot. Mot. || Le sens et les termes (→ Réponse, cit. 3). || Terme qui dénomme (cit. 2; Dénominatif), désigne, qualifie qqch. || Le terme d'agitateur (cit. 1); le terme « possible » (cit. 13). || Le sens (→ Fonction, cit. 14), la propriété d'un terme.Dans toute la force (cit. 37) du terme. || Terme propre, impropre (cit. 1), juste (→ Captivant, cit. 8), équivoque (cit. 2), exact (cit. 16), expressif. || Terme usuel, rare (→ Bon, cit. 23), savant (→ Lexique, cit. 5).Termes régionaux. → Glossaire, cit.
11.1 J'appelle termes vulgaires, ceux dont on fait usage ailleurs que dans la science dont il s'agit, c'est-à-dire dans le langage ordinaire, ou même dans d'autres sciences; tels sont par exemple les mots espace, mouvement en Méchanique; corps en Géométrie (…) J'appelle termes scientifiques les mots propres et particuliers à la science, qu'on a été obligé de créer pour désigner certains objets, et qui sont inconnus à ceux à qui la science est tout-à-fait étrangère.
D'Alembert, in Encyclopédie, art. Élément.
12 Ainsi en va-t-il (…) des slogans, des plaisanteries à la mode, des scies : autant de termes nouveaux que l'on voit naître, se charger d'allusions, gagner un sens simple et le plus souvent disparaître — couvrant en quelques années, parfois en quelques jours, la carrière d'un lieu commun.
J. Paulhan, les Fleurs de Tarbes, p. 97.
2 Didact. Nom correspondant à une notion au sein d'un ensemble structuré (une terminologie).REM. Les termes au sens III, 1 peuvent ou non être des termes, en ce sens. — Terme technique. || Terme scientifique (→ Carnassier, cit. 3; exactitude, cit. 17; pureté, cit. 8). || Terme philosophique (→ Existence, cit. 7), didactique (→ Appétence, cit. 1), judiciaire (→ Intermédiaire, cit. 4). || Terme de rhétorique (→ Narrer, cit. 1); de palais (→ 1. Marc, cit.); d'atelier (→ Repoussoir, cit. 2). || Terme de piété (→ Consacré, cit. 10). || Terme consacré.
13 (…) J'enrage de voir de ces gens qui (…) prennent par où ils peuvent les termes de l'art qu'ils attrapent, et ne manquent jamais de les estropier, et de les mettre hors de place.
Molière, Critique de l'École des femmes, 5.
13.1 Le cheminement mènera peut-être la réflexion vers d'autres termes : la Ville, par exemple (nous dirions l'urbanité ou l'urbain, si nous ne craignions de multiplier ces « termes » qui désignent des concepts mais glissent vers des entités ou essences).
Henri Lefebvre, la Vie quotidienne dans le monde moderne, p. 54.
13.2 Les mots définition et terme sont liés par un trait commun : ils désignent à l'origine l'assignation d'une limite, d'une fin (dé-finir) et son résultat (terme). Au plan notionnel, pour qu'un nom ait droit au titre de terme, il faut qu'il puisse, en tant qu'élément d'un ensemble (une terminologie), être distingué de tout autre.
Alain Rey, la Terminologie, noms et notions, p. 40.
3 (V. 1360). Cour. Au plur. Ensemble de mots et d'expressions choisis pour communiquer un contenu de pensée; manière de s'exprimer. || Les termes d'une déclaration, d'un contrat (→ Contractant, cit. 1). Formule. || Les termes de la loi (→ Corvée, cit. 3; juris-consulte, cit.).En ces termes (→ 1. Flûte, cit. 7). || Dans les mêmes termes (→ Dialectique, cit. 3).En d'autres termes, pour donner une équivalence à l'aide d'autres mots (→ Athée, cit. 5; inégalité, cit. 4; moi, cit. 65; opinion, cit. 12; recherche, cit. 5).Termes formels (cit. 2; → Goujat, cit. 7), exprès (→ Figure, cit. 2), explicites (cit. 1), choisis (cit. 22), courtois (→ Papier, cit. 7), respectueux (cit. 3), voilés (→ Ligne, cit. 29), pressants (→ Prier, cit. 10), brutaux (→ Dépravation, cit. 4), crus… || « Ah ! qu'en termes galants… » (cit. 9, Molière). || « … un mot sauvage et bas (1. Bas, cit. 41) Qu'en termes décisifs condamne Vaugelas » (Molière). || Parler sans ménager ses termes. || Il nous parla d'elle en fort bons termes (→ Poule, cit. 1).En termes de poésie, etc. (→ Mœurs, cit. 20) : dans le vocabulaire de la poésie.
14 (…) en termes militaires, je vous consigne à l'hôtel. Vous m'obligerez de n'être jamais de deux ou trois heures absent, je puis avoir besoin de vous d'un moment à l'autre.
Stendhal, le Rouge et le Noir, II, XVII.
15 (…) je passe ma nuit à bien calculer les termes de ma déposition, en tenant compte de tout, même du danger qu'il y aurait à être trop précis (…)
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. II, XII, p. 128.
B
1 (Fin XVIe, d'Aubigné). Log. Chacun des éléments simples entre lesquels on établit une relation. || Les termes d'une proposition, d'un jugement attributif. Prédicat,sujet. || Liaison causale entre deux termes (→ Nécessaire, cit. 14). || Les trois termes d'un syllogisme : le grand terme ( Majeur), le petit terme ( Mineur), le moyen terme. Moyen (1. Moyen, I., 1.).Fig. Moyen (cit. 1) terme : solution, situation intermédiaire. || Entre deux termes. Intermédiaire.
Gramm. || Les termes de la proposition, le sujet, le verbe et l'attribut (→ Nominal, cit. 4). || Le second terme d'une coordination (→ Sans, cit. 10), d'une comparaison.
2 (1740). Math. a Élément simple (nombre ou lettre) en relation avec d'autres. || Les deux termes d'une fraction (cit. 4), son numérateur et son dénominateur. || Les quatre termes d'une proportion.
b Alg. Monôme en relation avec d'autres. || Les termes d'une somme, d'un polynôme, d'une équation (cit. 1). || Deux termes variant simultanément (→ Fonction, cit. 17). || Termes d'une série, d'une progression : quantité déterminée correspondant à l'un des éléments d'une série, d'une progression. || Du premier au dernier terme de la série (cit. 1).
Fig. Élément en relation avec un autre, d'autres. || Les termes d'un problème.
16 Il y a deux hommes en lui, qui sont les deux termes du long débat entre le moi et le monde : un créateur et un critique.
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », II.
CONTR. Comptant (au). — Commencement, début, départ.
HOM. Thermes.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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